A découvrir à la Fête du FIl 14 et 15 août 2018 / 81270 Labastide Rouairoux
Collection Michel PERRIER. Photo Laurence DURTH

Collection

Michel PERRIER :

"Patchworks français anciens"

 

La tradition veut que le patchwork soit une création anglaise puis américaine. Mais l'art de l’assemblage des tissus remonte à l’histoire de l’humanité car la rareté et la pauvreté  faisaient que l’on utilisait les objets jusqu’à leur usure ultime et que l’on essayait même de récupérer, pour les assembler, les morceaux d’étoffe même usée.( restes de pantalons, gilets, capotes  militaires…)

 La pauvreté, l’isolement des populations rurales entre autre du Massif Central a conduit les femmes auvergnates à récupérer des morceaux d’étoffes pour les assembler en tapis, descentes de lit, dessus de lits… Ces patchworks ne sont donc pas fait avec des tissus neufs comme c’est le cas le plus souvent maintenant mais avec des tissus déjà usés d’où leur fragilité et quand ils sont en laine leur sensibilité aux mites

 Le patchwork (travail, oeuvre fait de morceaux) semble avoir plusieurs origines :

 -un état de nécessité car l’argent liquide (le numéraire) étant rare, ravaudage et assemblage s’imposaient à des familles souvent rurales.

 -Les revues de mode et de travaux  de dames, sources d’inspiration, existaient depuis le XVIIIe siècle.

 Elles ne concernaient souvent que les classes moyennes ou aisées urbaines mais pas seulement.

 Depuis 1860, ces revues donnent des modèles d’ouvrages à réaliser pour la maison ou la famille. Il pouvait même s’agir de cadeaux de mariage par exemple. Ces revues circulaient dans une ville un canton ou un village et les échanges entre familles étaient probables.

 Les patchworks auvergnats sont le plus souvent en morceaux de laine assemblés (« piècés ») et rebrodés de grosse laine.

 Une originalité d’Auvergne est la création de patchs à languettes de laine rebrodées et cernées par un point de feston. Ces languettes sont appliquées sur un support de grosse toile (parfois toile de sac ou toile à matelas) permettant des décors en rosace.

 Confectionnés avec des tissus de laine, et souvent à languettes, ils ont une réelle originalité

  Le patchwork français  ancien ne  se résume pas à la création du Massif Central mais a aussi été fabriqué en Alsace, Normandie, Saintonge, Languedoc ou Provence.

 

L’exposition présente des pièces en majorité auvergnates mais aussi d’autres régions françaises. Ils datent de la deuxième moitié du XIXe siècle et du début du XXe siècle.

 

Que cette exposition soit l’occasion de découvrir ou redécouvrir a beauté

des créations des femmes de ce pays mais soit aussi un thème d’inspiration

pour de nouvelles créations des patcheuses contemporaines.

Il y a sûrement dans quelques armoires des trésors à découvrir et à sauver….

Michel PERRIER